Dr Thon Kodjovi Aubin “Je dois œuvrer à construire le Togo de nos rêves”

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Dr Thon

Dr Thon Kodjovi Aubin
“Je dois œuvrer à construire le Togo de nos rêves.”

Jeune leader politique et dynamique qui a fait parler de lui sur la scène politique togolaise durant les trois dernières années à travers ses nombreuses actions envers les populations, le président national du mouvement Politique Nouvelle Vision (NoVi) Dr Kodjovi Aubin Thon, l’homme qui a vu sa candidature rejetée par la CENI lors de la dernière présidentielle qui a connu le sacre du président sortant Faure Gnassingbé, dans une interview accordée à nos confrères du site d’information actu-togo.com n’a pas manqué l’occasion pour parler de ses ambitions politiques pour la nation togolaise, de la crise sanitaire liée au Coronavirus. Serait-il prêt à travailler pour le gouvernement de Faure Gnassingbé ? Comment a-t-il digéré le rejet récent de sa candidature lors de la présidentielle du 22 février dernier ? Quelles sont les perspectives d’avenir du NoVi? Quelle lecture fait-t-il de la situation politique togolaise? Lisez plutôt l’intégralité de l’interview…

Journaliste : Comment se porte le Mouvement NOVI (Nouvelle Vision) ?

Dr Kodjovi Atna Aubin Thon : Comme vous l’auriez sans doute constaté vous-même à travers nos permanentes sorties et actions sur le terrain, le Mouvement NOVI se porte très bien. Il est vrai que la crise sanitaire et les mesures prises pour lutter contre ont atteint tout le monde et que les activités un peu partout ont connu des rabais. Nonobstant cette situation, nous sommes encore plus forts que jamais. Nos membres à tous les niveaux et nos ambassadeurs sont toujours mobilisés et continuent de travailler d’arrache-pied pour l’atteinte de nos objectifs.

“Je dois œuvrer à construire le Togo de nos rêves. Si j’ai abandonné mes privilèges acquis aux Etats-Unis au bout de moult efforts pour m’installer au Togo, c’est au nom de cette mission.”

Cinq mois après la présidentielle du 22 février 2020, quelle est votre appréciation de l’actualité politique ?

Pour la Nouvelle Vision, la meilleure actualité politique est celle qui produit des retombées économiques susceptibles de dénouer la crise socio-économique que connaît la nation togolaise depuis plusieurs décennies.
Aujourd’hui, sans doute, la situation politique de notre pays est meublée par l’urgence sanitaire due au Covid-19, les crises dans la gouvernance sonnées par les cas et questions de détournement, les maladresses entre société civile et corps habillés et surtout la crise économique alarmante que vit la jeunesse togolaise. Tous les jours, les demandes des jeunes et des femmes portées à notre attention sont de plus en plus importantes et nombreuses. C’est l’une des jauges pour savoir si la situation évolue en bien ou en mal. Certes, des efforts ont été faits. Mais, il est urgent de mettre en place un système qui règle le problème définitivement. A la Nouvelle Vision, il y a longtemps déjà que nous avons fait des propositions en ce sens. Espérons que nos dirigeants y aillent pour aider à réduire la précarité et la misère dans notre pays.

Vous vouliez être Président de la République, mais vous avez été coupé dans votre élan par un rejet de votre dossier de candidature au scrutin du 22 février 2020. Vos ambitions pour le Togo ont-elles pour autant changés ?

(Rires). Au tout début de cette histoire, j’ai clairement fait comprendre que je ne suis pas dans une ambition mais dans une mission. C’est là toute la différence, en fait. Habitués un peu trop à des destins d’ambitions et à des démarches basées là-dessus, beaucoup n’ont pas compris ce que je faisais. Je suis dans une mission et non dans une ambition. Je dois œuvrer à construire le Togo de nos rêves. Si j’ai abandonné mes privilèges acquis aux Etats-Unis au bout de moult efforts pour m’installer au Togo, c’est au nom de cette mission. Et elle ne saurait changer. Sauf si Celui qui me l’a assignée la change. Mais ce n’est pas demain la veille. Je continue de travailler tous les jours, d’être présent aux côtés des populations, de prendre les contacts nécessaires ici et là et de poser des pas afin de trouver solution à notre pays. Non rien n’a changé. Absolument rien. Je l’avais déjà dit au lendemain du très injuste rejet de ma candidature par la Cour Constitutionnelle : TOUT COMMENCE.

“Dans certains pays comme le nôtre, le Togo, les populations sont très vulnérables. S’acheter un cache-nez ou même laver ses mains constitue pour beaucoup un luxe.”

Qu’est-ce qui aurait véritablement changé avec vous au Palais de la Présidence ?

Avant de me lancer en politique, j’avais sillonné tout le pays et rencontré toutes les couches socioprofessionnelles et populaires pour saisir leurs préoccupations. J’ai passé des jours et des nuits aux côtés des plus démunis dans leurs propres milieux quotidiens pour réaliser leur vécu. Nos populations souffrent. Ce n’est pas un scoop. J’ai pris le temps d’analyser la puissance économique de notre pays et je me suis informé suffisamment des difficultés, des contraintes et des challenges budgétaires auxquels est confronté notre gouvernement.
Ma mission disais-je, est de remédier à cette situation et construire un Togo soudé et émergé. Celui-ci est basé sur un programme bien ficelé qui prend en compte les préoccupations des uns et des autres, de tous les acteurs impliqués dans notre situation. Qu’est-ce qui changerait véritablement avec moi au palais ? Au-delà de la contrainte sanitaire à laquelle fait face le monde entier et donc le Togo, ce changement tourne autour de cinq points fondamentaux qui seraient en début d’application: Un modèle économique qui permettra d’équilibrer la structure de développement socioéconomique et administrative du pays, un programme agricole décentralisé, un système éducatif en phase avec le modèle économique et au service du développement, une industrie touristique et culturelle innovante et enfin le cinquième point, un Etat entrepreneur en mettant en place un modèle d’entrepreneuriat soutenu.

Parlons de la crise sanitaire. Vous vous illustrez par des dons de matériels de protection contre la Covid-19 aux populations vulnérables. Vous êtes même l’une des rares personnes à avoir octroyé une enveloppe de 1 million de francs CFA au gouvernement pour le Fonds de solidarité. Quelles sont les motivations de ces gestes ?

Une pandémie a pris le monde entier en otage. Dans certains pays comme le nôtre, le Togo, les populations sont très vulnérables. S’acheter un cache-nez ou même laver ses mains constitue pour beaucoup un luxe. Face à la situation, il faut agir. En ma position de leader, il fallait que je mobilise les mieux lotis à se joindre à moi pour venir en aide aux moins lotis voire aller au support des programmes d’urgence sanitaire annoncés par l’Etat. Je suis solidaire à toutes les populations. C’est pour elles que je me suis engagé en politique. Me montrer solidaire avec elles, c’est la moindre des choses ; et je le fais tous les jours depuis plus d’une décennie, c’est-à-dire bien avant que j’annonce mes intentions politiques. C’est l’occasion d’appeler les âmes généreuses d’ici ou d’ailleurs une fois encore à se joindre à moi pour appuyer nos frères et sœurs connaissant de grandes difficultés mais qui sont sans moyens.

“ je reste disponible pour nos populations, pour le peuple togolais et prêt à servir lorsqu’il s’agira d’une opportunité de servir ma nation «

Quelle appréciation faites-vous du respect ou non des mesures barrières par les Togolais et la gestion même de la crise par le gouvernement ?

Nous devons juger en nous basant sur les résultats. A la date d’aujourd’hui 806 cas confirmés dont 212 cas actifs, 578 guéris et 16 décès sur 38.775 tests effectués. Il est trivial de déclarer que quelque chose de bien se fait au Togo dans ce domaine.

Certes, le respect des mesures barrières par les Togolais est également conditionné par leur situation socio-économique. Comment vont-ils respecter les mesures ? C’est extrêmement difficile pour beaucoup. Maintenant, allons plus loin. Certains ne croient même pas à l’existence du virus. Au début la peur s’était installée. Mais actuellement, en dehors du port du cache-nez qui est plus ou moins respecté en partie pour des raisons que j’ai évoquées plus haut, ce n’est pas vraiment ce qu’on aurait souhaité. Quant à la gestion de la crise par les autorités de notre pays, disons qu’elles font beaucoup d’efforts. Naturellement, on peut faire mieux. Et je pense que le gouvernement en a conscience et fera ce qui ce qu’il faut en ce sens surtout dans la planification d’une reprise effective dans tous les domaines.

Dr Kodjovi Atna Thon au prochain gouvernement, est-ce possible ?

En annonçant ma candidature à la présidentielle il était clair dans mes déclarations et actions que ce n’était pas ma finalité de demeurer chef d’Etat une fois élu ou de prendre ma retraite dans une opposition. Ma finalité est d’œuvrer pour la construction d’un Togo soudé et émergé. La magistrature suprême s’est révélée comme indispensable à cette finalité. Et ce n’est que la raison qui explique mon engagement politique. En attendant mon accession à la présidence de la République, je reste disponible pour nos populations, pour le peuple togolais et prêt à servir lorsqu’il s’agira d’une opportunité de servir ma nation et non de me servir de ma nation. Je le démontre tous les jours.

Que croyez-vous être capable d’y apporter ?

Nous n’allons pas rester dans les suppositions. Mon programme a été dévoilé non seulement à la presse nationale et internationale mais aussi à l’ensemble de la classe politique et au peuple togolais. Ce que j’ai la mission de faire sera fait peu importe comment et par quel moyen. Que j’y sois ou pas, la nouvelle équipe aura entre autre la mission d’œuvrer pour réduire voire éliminer la dette publique, nouer avec la diaspora pour accroître l’investissement citoyen et le transfert d’expertises, œuvrer à créer un climat de paix pour inciter les multinationales à supporter les programmes nationaux de développement, créer un climat apaisé entre la population civile et l’armée, redresser l’économie en s’axant sur les secteurs porteurs comme l’agriculture, le commerce et le tourisme, renforcer la justice sociale pour accroître la confiance de tous les Togolais, et tout ceci conduira vers la création des emplois et de milliers d’opportunité pour répondre aux difficultés que connaît la grande population togolaise.

L’actualité politique est marquée actuellement par le mandat d’arrêt émis à l’encontre de monsieur Agbéyomé Kodjo. Un petit commentaire là-dessus ?

A la Nouvelle Vision comme tout le monde, nous suivons l’affaire. Notre souhait est qu’elle connaisse une issue sérieuse qui rentre dans l’avantage du peuple togolais, de l’état de droit et la jeune démocratie que le Togo constitue. Dans le cas contraire, cela nous serait préjudiciable. Car désormais, tout doit être fait en prenant en compte, l’intérêt supérieur de la nation.

Que dites-vous de la proposition de l’UDS Togo qui appelle l’opposition à une autocritique et propose une nouvelle orientation de la lutte et une possible collaboration avec le pouvoir en place ?

Cette proposition n’est pas tout à fait sienne ou n’est pas nouvelle. Déjà à la Nouvelle Vision, nous avons toujours invité les uns et les autres à cette autocritique. Nous avons toujours appelé à revoir les stratégies mises en place pour rendre productive la lutte de l’opposition. Nous avons toujours insisté sur une réorientation de la lutte pour qu’elle donne des résultats satisfaisants. Car l’absence de cette autocritique a pour conséquence la reproduction des mêmes erreurs pour avoir les mêmes résultats malheureusement jamais productifs. La proposition de collaboration ou la collaboration elle-même avec le pouvoir en place n’est pas non plus nouvelle. Elle a été faite plusieurs fois, mais cela n’a pas fonctionné comme on le voudrait forcément. Si collaboration doit encore existé, il faudrait vraiment la repenser en prenant en compte une fois encore, l’intérêt supérieur du peuple togolais, le seul acteur qui justifie notre engagement.

Un mot à l’endroit de vos sympathisants et au peuple togolais en général ?

Je ne saurais terminer mon intervention sans rappeler le respect des gestes barrières, des gestes qui sauvent, face au Covid-19. Je n’oublie pas non plus de remercier toute l’équipe médicale et le comité de suivi pour tous les efforts consentis. Il est important que nous comprenions qu’il en va de notre intégrité alors que le monde entier est pris en otage par le virus. Mais au-delà du respect des gestes barrières, la nécessité est également de s’adapter au Covid-19 pour assurer la continuité de la vie et de créer une justice sociale pour la période de l’après-Covid19 basée sur le sens du partage et surtout l’amour afin d’éviter de lourdes conséquences sociales entre filles et fils d’une même nation. A nos sympathisants ainsi qu’au peuple togolais en général pour finir, je veux rappeler qu’il nous appartient de construire notre développement. Notre développement ne sera fait que par nous, avec nous et pour nous. Il nous faut éviter le développement de la politique et opter pour une politique de développement. Que chacun de nous joue sa partition. Que Dieu bénisse le Togo et qu’Il renouvelle en nous Sa sagesse

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